Le profit d'abord : arrêtez d'espérer la marge, concevez-la
La méthode Profit First appliquée aux DMC : décider sa marge avant d'opérer, repérer les fuites invisibles et faire de la rentabilité une décision, pas un reste.
· Alexia

Dans la vie d'un DMC, la rentabilité arrive presque toujours en dernier.
On vend. On opère. On paie les prestataires.
Et ensuite… on regarde ce qu'il reste. S'il reste quelque chose.
Et si le profit ne venait plus à la fin ?
La formule classique ne fonctionne pas pour un DMC
On nous a tous appris la même chose :
Chiffre d'affaires – Coûts = Profit
Sur le papier, ça se tient.
Dans un DMC, la réalité ressemble plutôt à ça :
- Le client paie 5 000 €
- Vous construisez le voyage
- Vous payez les hôtels, les guides, les transferts
- Vous modifiez le programme cinq fois
- Vous relancez un paiement en retard
- Vous payez votre équipe
- Vous payez le loyer
- …et vous espérez qu'il reste de quoi vous payer
Le problème ? Vous laissez les opérations décider de votre marge, au lieu de l'inverse.
Profit First : un basculement simple mais radical
La méthode Profit First inverse la formule :
Chiffre d'affaires – Profit = Ce que vous avez le droit de dépenser
Concrètement :
- Vous décidez votre marge avant de lancer les opérations
- Vous adaptez le voyage à la marge, et non la marge au voyage
- Vous protégez votre entreprise, votre rémunération et votre énergie
Ce n'est pas seulement un état d'esprit financier.
C'est une discipline qui change vos décisions au quotidien.

Comment nous l'avons appliqué chez Mexikoo (mon DMC)
Quand nous avons mis en place Profit First chez Mexikoo (notre DMC au Mexique), nous avons fait une seule chose, très simple :
Nous avons ouvert 4 comptes bancaires séparés.
- 💰 Compte Profit (10 %)
- 👤 Rémunération des associés (35 %)
- 🏦 Impôts et taxes (15 %)
- 🔧 Opérations (40 %)
À chaque paiement client, la marge brute était immédiatement répartie entre ces 4 comptes.
Nous opérions le voyage uniquement avec les 40 % du compte Opérations.
Le résultat ?
Moins d'upgrades offerts par réflexe.
Moins d'exceptions « juste pour cette fois » avec les prestataires.
Plus de créativité. Plus de clarté.
Et du cash réel sur le compte Profit, pas juste une ligne sur un tableur.
🧠 L'analogie du tube de dentifrice
Quand le compte Opérations est plein, vous ne réfléchissez pas beaucoup.
Vous surclassez vers le lodge plus joli. Vous ajoutez le transfert privé. Vous glissez une surprise.
Mais quand le compte est serré ?
- Vous devenez créatif
- Vous optimisez
- Vous concevez sous contrainte
C'est exactement là que votre agence devient solide.
Où les DMC perdent réellement de la marge (indice : pas seulement chez les prestataires)
La plus grosse fuite dans un DMC, ce n'est pas uniquement l'hôtel trop cher ou le transfert de trop.
Ce sont les coûts invisibles :
- Le temps passé à refaire des devis à la main
- Les allers-retours entre commercial et opérations
- Les confirmations et les factures traitées manuellement
- Les modifications de dernière minute
Ces coûts n'apparaissent pas dans votre compte de résultat.
Mais ils rongent vos marges tous les jours.
Un exercice concret : couper 10 % en une journée
Voici une expérience que nous avons menée — et qui a fonctionné :
Changez la carte bancaire liée à vos abonnements et outils récurrents : logiciels, magazines, services en ligne.
Puis attendez 30 jours.
Si personne ne réclame → l'outil n'était probablement pas essentiel.
C'est une manière rapide de faire le tri dans votre parc d'outils.
Et rien que ça nous a permis de réduire 10 % de nos dépenses mensuelles sans toucher à un seul prestataire.
📞 Autre gain facile : renégocier vos coûts fournisseurs
Un levier très sous-estimé ?
Décrochez le téléphone et appelez vos prestataires, un par un.
Demandez :
- Une remise de fidélité
- Un tarif spécifique basse saison
- Une meilleure structure de commission
- Un tarif groupe applicable aux FIT (ça marche plus souvent qu'on ne le croit)
Demander ne coûte rien. Et la plupart des DMC découvrent que négocier fait baisser les coûts opérationnels de 5 à 10 % au minimum.
📍Commencez par votre plus gros coût fixe : pour beaucoup, c'est le loyer.
Il semble non négociable, et pourtant nous avons vu des DMC obtenir :
- 1 à 2 mois de loyer offerts en échange d'un bail plus long
- Des accords de coworking partagé avec d'autres acteurs locaux du tourisme
- Ou simplement de meilleures conditions en expliquant leurs contraintes de trésorerie en basse saison
Ce qu'Odys peut faire pour vous aider
Chez Odys, nous ne construisons pas juste un CRM pour les DMC.
Nous construisons des outils qui protègent votre temps, vos marges et votre santé mentale.
Concrètement :
- Suivre la marge par voyage, par client et par source d'apport
- Réduire le bruit opérationnel : relances, facturation et confirmations automatisées
- Produire des devis propres et cohérents en quelques minutes
- Synchroniser paiements, marges et statuts de dossiers dans un seul tableau de bord
- Limiter les allers-retours entre équipes grâce aux notes et commentaires internes centralisés
Et surtout :
Odys vous aide à reprendre le contrôle de vos opérations, pour que le profit ne soit plus le dernier servi.
La question finale (pour vous)
Si vous vous payiez en premier, quelles décisions opérationnelles deviendraient soudain inacceptables ?
C'est votre boussole.
Laissez-la guider votre prochain devis, votre prochaine campagne, votre prochain recrutement.
Le profit n'est pas égoïste.
C'est ce qui vous permet de continuer à créer de beaux voyages, de faire grandir votre équipe et de bâtir une entreprise qui dure.
Alexia
Co-fondatrice d'Odys